2. Se préparer à un voyage de l'espérance

servons la fraternité - voyage de l'espérance

 

 

 

POURQUOI ?

Avec 20 ou 400 personnes, le voyage de l’Espérance nécessite une préparation qui n’est pas uniquement logistique mais surtout une invitation et des conditions à créer pour vivre des rencontres réussies.

Trois bonnes raisons de partir

  • Prendre en compte les demandes des personnes en difficulté qui nous interpellent (« J’ai besoin de me purifier » - personne sans-abri d’Avignon, « J’avais promis à la Sainte Vierge que j’irais la voir » - participant d’Angers). Elles expriment aussi l’envie de se ressourcer, de vivre un temps fort en groupe hors de leurs lieux habituels.
  • Soutenir le projet d’une église locale qui veut témoigner d’une charité en acte en associant acteurs pastoraux, communautés locales, personnes en difficulté. La pédagogie du Secours Catholique et son réseau sont au service de cette démarche.
  • Faire évoluer la nature des relations au sein d’une délégation, d’une équipe, d’une paroisse, afin d’établir une culture commune d’alliance et de fraternité entre des bénévoles, des personnes en difficulté, une communauté chrétienne, des partenaires. Un voyage de l’Espérance porte des fruits dans une délégation ou une paroisse au- delà même du groupe qui est parti (mise en place d’actions collectives, parole et participation des pauvres…).

COMMENT ?

Qui inviter et comment ?

  • L’invitation est primordiale, surtout la première fois ; c’est pourquoi il faut s’appuyer sur des alliés :
  • Réseaux de solidarité, de convivialité et d’amitié existants localement.
  • Pèlerins pauvres qui ont déjà vécu ce type de rencontres et qui peuvent inviter à leur tour leurs voisins, leurs proches…
  • Mouvements et associations de solidarité.
  • Communautés de religieux et religieuses engagés auprès des plus pauvres.
  • Paroisses en quartiers populaires et en milieu rural.
  • Séminaristes, diacres, prêtres.
  • L’Evêque, qui préside à la charité.

Organiser les préparatifs

Un comité de pilotage, composé des personnes ressources (dont des personnes en difficulté) qui sont à l’écoute des besoins, définissent la trame du voyage (thème, programme, etc.), constituent des équipes thématiques (voir ci-dessous) et veillent à la cohérence globale du projet.

Des équipes thématiques pour prendre en charge des aspects spécifiques du voyage : transports, communication, hébergement, célébrations, enfants, jeunes, finances, santé, etc.

 

Des points de repères

Nombre de participants : Peu importe. En revanche, il est important d’encourager des personnes appartenant localement à un même groupe (ex. : équipe locale, paroisse) de tenter l’aventure ensemble. En effet, lorsque de petits groupes existent déjà localement, les possibilités de poursuivre le chemin ensemble après le retour sont considérablement augmentées !

A l’échelle d’un diocèse, si l’on veut que les personnes puissent se retrouver ensuite dans leur quartier ou leur village, il ne faut pas avoir peur de partir nombreux (200 à 400). Ceux qui l’ont expérimenté peuvent témoigner de réels changements (Vienne Deux-Sèvres, Var, Gard). Bien sûr, cela ne doit pas empêcher d’inviter des personnes seules, même à la onzième heure…

Durée de la préparation : Ne pas hésiter à s’y prendre au moins un an à l’avance surtout si le voyage concerne un nombre important de personnes.

Durée du séjour : Un séjour idéal est de 4 jours entiers minimum sur place (1 jour pour « atterrir », 2 jours pour « être dedans », 1 jour pour « célébrer » et se préparer au retour) + 1 à 2 jours de transport selon les distances.

 

Animer la préparation au voyage

Les participants du voyage peuvent être réunis quelques mois avant le départ afin de faire connaissance et de préparer collectivement le voyage en se retrouvant régulièrement. Il est important de valoriser les savoir-faire et d'engager les personnes à se mettre en "tenue de fête". Ces rencontres permettent de :

  • Rassurer les personnes sur les conditions matérielles de séjour.

  • Impulser une dynamique fraternelle et festive.

  • Encourager les groupes constitués à préparer une présentation ludique de leur groupe pour la première veillée ou une action pour le séjour (en fonction de leur savoir-faire).

  • Constituer des équipes de préparation : chorale, musique, ateliers, groupes de parole, etc.

 

Participation financière

  • Définir un budget par personne. Il est bon que chacun connaisse le coût de sa participation.
  • Proposer des participations individuelles adaptées aux situations.
  • Proposer une épargne, voire un microcrédit.
  • Des actions de financement collectives peuvent être imaginées (braderie, ventes de gâteaux, lotos, brocantes, participations avec des bougies ou cartes de vœux, etc.). Les personnes avec des petits budgets peuvent alors participer à leur financement de cette manière.
  • Solliciter le diocèse ou le service des pèlerinages, qui peuvent participer, les communautés chrétiennes, qui peuvent parrainer des séjours surtout si elles sont impliquées.
  • Prendre contact avec les tuteurs des personnes sous tutelle.
  • Une commission des aides du secours catholique (ordinaire ou extraordinaire) peut soutenir les personnes avec des difficultés matérielles.

POINTS DE VIGILANCE

  • Un voyage de l’espérance doit être composé au moins de plus de la moitié de personnes en difficulté.
  • Prise en compte des spécificités alimentaires (régimes, allergies, religion).
  • Souci des addictions pour qu’elles ne soient ni un frein à la venue de certains pèlerins, ni un sujet de tensions.
  • Liens avec tuteurs et suivi des médications.
  • Permettre l'expression religieuse de tous.
  • Souci de l'hygiène de certains pèlerins avant le départ (accès à des douches, linges de rechange, chaussures, kit hygiène...).
  • Souci des enfants (dates de vacances, programme adapté sans décharger totalement les parents, hébergements rassemblé pour les familles).
  • Bien penser le transport et l'hébergement afin que personne ne se retrouve isolé ou mal à l'aise, sans stigmatiser tel ou tel groupe....

N’ayons pas peur d’inviter largement !

La tentation est grande de penser que certaines personnes ne seraient pas intéressées, surtout celles avec qui la relation peut faire peur :

Personnes sans-abris, handicapées ou malades psychiquement ; gens du voyage, rom, personnes d’autres religions ou d’autres cultures, jeunes en galère, etc.

On peut aussi inviter des personnes de tous les milieux sociaux qui ne sont pas nécessairement en lien avec les plus pauvres.

Penser également à solliciter des personnes connues pour leur sens de l’écoute, leur connaissance de certaines populations en difficulté, leurs compétences (artistique, technique, liturgiques, médicale etc.).

LOURDES ET LA CITE SAINT PIERRE

  • La Cité Saint Pierre est prête à vous faciliter le séjour, à vous aider, à proposer ses savoir-faire, dans la mesure où elle est associée ou au moins informée de vos projets.
  • La Cité Saint Pierre ne perçoit financièrement que ce que les personnes lui versent en fonction de leurs revenus.
  • Chaque année la Cité Saint Pierre proposera une rencontre d’échange et de formation sur les voyages de l’espérance et autres initiatives en ce sens.

Document complet en pièce jointe

Dossier pédagogique réalisé par l'Aumônerie Nationale, l'Equipe d'Animation Spirituelle et le département Pédagogies d'Animation du Secours Catholique - Caritas France

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