La relecture spirituelle : une méthode proposée par la Faculté de théologie d'Angers

Cette méthode s’inspire de la manière de St Luc de faire relecture : des faits sont racontés et relus comme évènements de salut « accomplis parmi nous » (Lc1, 1).  
Plus concrètement, la méthode suppose de toujours partir d’un récit écrit de pratique pastorale (apporté par les participants), analysé en groupe. Ensuite, la mémoire des participants convoque des récits des Évangiles ou des Actes des Apôtres. L’un deux est choisi, étudié pour lui-même. La relecture s’achève par une confrontation des deux récits, pastoral et biblique. La relecture invite les participants à discerner l’œuvre de salut en Jésus-Christ du sein de leur apostolat, à adopter des attitudes toujours plus évangéliques. Elle concourt à la maturation de la foi des disciples-apôtres d’aujourd’hui.  

Comment s'y prendre ?
EN AMONT :  Un volontaire apporte un récit écrit (une page suffit, 2 au maximum) autour d'une action pastorale et le communique à l'avance à l'animateur du groupe. Le récit rapporte une action où le rédacteur a été acteur et qui comporte pour lui un intérêt ou une question qui sera formulée sous forme de titre.  
L'animateur aura préparé la séance de relecture pastorale en choisissant un récit biblique approprié dans les Evangiles ou les Actes des Apôtres. Pour faire ce choix, il aura essayé de repérer quelle dynamique de salut (libération, construction d'une communion, réconciliation...) est plus ou moins en œuvre dans le récit de pratique. Il aura aussi cherché à voir quelle « bonne nouvelle » a été annoncée, révélée, dans ce récit de pratique. Ce double repérage l'aidera à choisir un récit biblique qui comporte une dynamique de salut et d'annonce mettant en relief celle, plus ou moins présente et tâtonnante, du récit de pratique. Ce récit biblique devra être court pour une question de gestion de temps (2 heures sont nécessaires).  
Remarque : Dans un groupe expérimenté, avec une plage de temps plus importante, le choix du récit biblique peut s'effectuer ensemble après l'analyse du récit de pratique.   

1. ANALYSE DU RECIT DE PRATIQUE   

  • La personne qui a écrit son récit prend le temps de le lire à voix haute  
  • L'animateur demande au groupe ce qui a été perçu, dans cette lecture à voix haute, comme précision de l'écrit.  
  • L'animateur demande au narrateur ce qui a motivé le choix de ce récit et la question pastorale qui se pose à lui (en principe donnée dans le titre). A ce stade, même si la question n'est pas précise, il n'y a pas de débat, mais accueil par le groupe des motivations qui ont poussé à écrire ce récit.  
  • L'animateur invite ensuite le groupe à poser des questions sur le récit en essayant de progresser pas à pas dans le récit (il est possible de proposer de réfléchir progressivement à partir des étapes ou séquence du récit de pratique).
  • Les questions sont alors sur plusieurs registres :
    • de clarification, en particulier sur le contexte de l'action pastorale. Ce temps est nécessaire pour la bonne compréhension de la situation. Où se passe l'action ? Qui sont les acteurs, leurs fonctions ? Quels étaient les objectifs initiaux ? Etc.
    • sur les ressentis du narrateur lors de cette action. Quels ont été les moments où le narrateur a eu des réactions émotives (joie, peur, contentement, agacement, colère...) ? En nommant ses ressentis, le narrateur est invité par le questionnement du groupe à préciser le sens qu'il leur attribue et qui donne du poids à certains éléments du récit.  
    • sur le cours de l'action pastorale : pourquoi as-tu fait le choix de telle ou telle action, geste, parole, attitude ? Le but est d'aider le narrateur à prendre conscience des règles ou normes humaines et pastorales qui l'animent plus ou moins consciemment, ainsi que du sens que cela prend dans sa foi chrétienne.   
  • Le groupe est alors amené à débattre d'autres choix possibles, à élaborer des points d'attention pastoraux en faisant attention à la dynamique du salut appelé par le récit de pratique.   

En conclusion de cette analyse de pratique, l'animateur fait préciser au narrateur ce qui  a été éclairé de son récit ou de sa question initiale. 

2. ANALYSE DU RECIT BIBLIQUE 

L'animateur n'étant pas un spécialiste de la Bible, il continue simplement son rôle d'animation pour réguler la parole, en faisant confiance en la capacité du groupe à produire des interprétations. Il peut rappeler au groupe de regarder les notes de bas de page et les références en marge (prendre une bible annotée et d'usage courant : TOB, Bible de Jérusalem). Il peut rappeler, en introduction, où se situe l'épisode biblique choisi dans l'ensemble de la Bible.  
L'animateur intervient pour faire respecter une lecture « pas à pas » du récit biblique, verset par verset, en aidant à repérer les acteurs, les changements de lieux, les étapes du récit. Il peut s'aider des questions suivantes qui sont plus des outils qu'un mode d'emploi !  
Petite grille de questions possibles,  à faire jouer en tout ou partie selon ce qui est lu :

  1. Où sommes-nous ? Quand sommes-nous ? Qui est présent ? 
  2. Qui parle ? Pour dire quoi ? A qui ? Qui entend ? 
  3. Quels mots sont utilisés dans une autre traduction (ou) si j’avais à raconter avec mes propres mots ce qui est raconté, en aurais-je pris d’autres ? 
  4. Que se passe-t-il ? Est-ce que cela « m’impressionne » (Est-ce étonnant ? A quoi suis-je attentif ? Est-ce que j’aime ou non ce qui arrive, les personnages ? ) ?  
  5. Que pourrait-il se passer maintenant ? 
  6. De temps en temps, où en sommes-nous ? 
  7. Comment ce récit s’éclaire-t-il à la lecture de ce qui précède ? Qu’advient-il aux personnages par la suite ?
  8. A la fin, de quel événement de salut est-il question ? Qu’est-ce qui s’est transformé pour chacun des personnages ? Qu’est-ce qui a été annoncé en paroles et en gestes ?  

En conclusion de cette séquence, l'animateur demande au groupe ce qui s'est transformé, entre le début et la fin du récit biblique, pour chacun des acteurs de ce récit. Il aide le groupe à formuler les enjeux du récit biblique :  De quel événement de salut est-il question ?  Qu'est-ce qui a été annoncé en paroles et gestes par les acteurs du récit ?   

3. CROISEMENT DES DEUX RECITS  

L'animateur aide le groupe à faire le lien entre les deux récits en lui évitant de rapprocher des termes pris isolément. Il amène le groupe à comparer des rapports, des relations, des dynamiques en gardant conscience des différences de contexte. L'animateur recentre sur les dynamiques de salut et d'annonce mises en œuvre dans chacun des récits pour arriver à préciser ce qui se ressemble (convergences) et ce qui diffère (différences) grâce aux  questions : - qu'est ce qui se ressemble dans ces ceux récits ? - qu'est ce qui diffère ?  - en quoi sommes-nous confirmés ou interpellés sur le plan pastoral mais aussi  au plan de notre foi ?   
Dans un tour de table final :  
Chacun est invité tour à tour à répondre en une phrase (ou brièvement) à la question :  Qu'est-ce que je retiens, pour moi, de cette relecture pastorale ?  Priorité est donnée au narrateur du récit dans ce tour de table.             

Sources : Diaconia 2103 - Comité de Suivi Théologique Conférence des Evêques de France – http://www.diaconia2013.fr
 

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