Les objectifs de l’enseignement des faits religieux

Les objectifs de l’enseignement des faits religieux

Découvrir les faits religieux pour comprendre le monde et saisir sa complexité et sa diversité Enseigner, ou aborder, les faits religieux dans une perspective laïque permet aux enfants et aux adolescents d’accéder à une culture commune et de comprendre les faits religieux au quotidien et dans l’actualité. Cela suppose, par exemple, d’apprendre les origines religieuses de l’organisation du temps et de l’espace (“Pourquoi est-on en 2018 ?” ; “Pourquoi la semaine compte-t-elle 7 jours ?”) ou de comprendre les pratiques religieuses qu’ils rencontrent ou dont ils entendent parler : les grandes fêtes religieuses, comme Yom Kippour, Pâques ou l’Aïd-el-Kébir.

Cette éducation permet aux enfants de déchiffrer les pratiques religieuses et d’échapper à une vision essentialiste des croyances religieuses et des convictions. Il est important de faire apparaître que chaque membre d’une religion entretient un rapport personnel et intime à sa religion et à ses textes, à ses croyances et à ses pratiques. Cette diversité se retrouve chez les athées et les agnostiques.

Une telle approche permet à la fois de déconstruire des préjugés et d’éviter les propos normatifs ou prescriptifs. Un des objectifs est de faire comprendre aux enfants que les religions se transforment dans le temps et qu’il existe une diversité interne à chacune d’elles. Il s’agit également d’apprendre à bien nommer les choses pour dissiper les confusions et les préjugés : savoir distinguer la nationalité, l’origine géographique et la conviction.

Parler de la laïcité et des faits religieux pour favoriser le vivre-ensemble

Ainsi, on peut amener les enfants à comprendre qu’il existe de nombreuses croyances religieuses et convictions, qu’il est possible d’en parler avec ses camarades sans nécessairement remettre en question les siennes.

Il s’agit non seulement d’apporter des connaissances sur ces sujets et d’en montrer la complexité, mais aussi de lever les gênes que ces thématiques entrainent, d’en parler sereinement pour calmer les polémiques et les tensions qu’ils suscitent. L’articulation de l’éducation à la laïcité à l’enseignement, ou l’abord, laïque des faits religieux permet un apprentissage pratique, un exercice de la laïcité.

Il est essentiel d’amener les enfants à prendre conscience qu’ils peuvent être porteurs d’une  conviction très importante pour eux, pour leur famille et leur entourage, en ce qu’elle donne un sens à leur vie et indique des règles de conduite, mais qu’ils ne pourront jamais en démontrer la vérité. C’est un domaine dans lequel personne ne peut convaincre l’autre qu’il a raison. C’est la différence entre savoir et croire. Il n’y a donc pas de convictions plus légitimes que d’autres. Avoir des convictions différentes ne rend pas les enfants étrangers les uns aux autres : ils ont souvent des goûts en commun (des plats, des musiques, des sports, etc.), partagent tous des réalités fondamentales (l’attachement à sa famille et à ses amis) et des valeurs morales comme la sensibilité aux injustices, la curiosité de l’autre, etc.

…Et par là, comprendre la laïcité pour l’apprécier

Éduquer les enfants à la laïcité leur permet de dépasser les discours politiques et médiatiques dont elle fait l’objet. Il s’agit de leur apprendre que la laïcité n’est pas une conviction, mais un cadre juridique conçu pour assurer la liberté et l’égalité de tous, quelle que soit la conviction de chacun.        Pour qu’ils en comprennent le sens, il faut leur présenter de manière concrète l’utilité de la laïcité dans une société pluraliste. Éduquer à la laïcité suppose de raconter ses origines, ses évolutions, et de l’inscrire dans un ensemble plus large, celui des valeurs républicaines que l’enseignant ou l’éducateur doit transmettre : la laïcité garantit la liberté de conscience et de culte de tous les habitants et leur égalité devant la loi dans un souci de fraternité.

Il faut alors non seulement dissiper les erreurs sémantiques (être laïque ne signifie pas être athée), mais aussi leur expliquer que la la neutralité des agents de l’Etat, notamment des professeurs, ainsi que la loi de 2004 sur l’interdiction des signes religieux ostensibles à l’école publique, ne leur interdit pas de parler des convictions et que l’école, comme les autres éducateurs qu’ils fréquentent, sont aussi là pour leur apporter des connaissances sur les faits religieux.

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