"Ils l'ont fait" Fabrication du décor de Pentecôte 2018 au Grand Palais de Lille

04/07/2018

Ateliers de création du décor et du mobilier liturgique, et des célébrations de Pentecôte au Grand Palais et au temple protestant de Lille. La Commission d’art sacré a accompagné ces ateliers de création d’août 2017 à mai 2018, avec les aumôneries des Établissements Publics de Santé Mentale des Flandres (Bailleul), de l’Agglomération lilloise (Saint-André-lez-Lille) et de Lille Métropole (Armentières), ainsi que l’Accueil Marthe et Marie à Lomme.

La Commission d’art sacré a accompagné ces ateliers de création d’août 2017 à mai 2018, avec les aumôneries des Établissements Publics de Santé Mentale des Flandres (Bailleul), de l’Agglomération lilloise (Saint-André-lez-Lille) et de Lille Métropole (Armentières), ainsi que l’Accueil Marthe et Marie à Lomme.

« Créer des œuvres qui portent, à travers le langage de la beauté, une étincelle d’espérance et de confiance…, la beauté qui soignera les nombreuses blessures qui marquent le cœur et l’âme des hommes et des femmes de notre temps. »

La commission diocésaine d’art sacré a entendu ces encouragements du pape François aux artistes. Depuis 2014, elle met sur pied et accompagne des "ateliers de création". Les premiers étaient destinés à des enfants de CM1 et CM2. Ils se sont poursuivis avec des personnes en situation de handicap du Centre Hélène Borel, Six compagnons sur les pas de Jésus, qui ont réalisé un chemin de croix toujours visible dans la chapelle de la maison d’accueil Marthe et Marie. En 2017, ce sont des patients de l’EPSM de Bailleul qui ont à leur tour fait un chemin de croix installé dans le parc de la maison diocésaine de Merville.

Cette année, les Six compagnons et les patients de l’EPSM de Bailleul ont été rejoints par les patients des EPSM d’Armentières et de Saint-André. Avec les aumôniers et les bénévoles des équipes d’aumônerie, ils sont environ 90 à avoir contribué à la réalisation du mobilier liturgique et du décor du Grand Palais pour la célébration diocésaine de confirmation du 20 mai.

 

 

 

 

 

 

 

 

Tout a commencé par les grandes bannières où est signifiée la descente de l’Esprit Saint sur les disciples du Christ : « Ils virent apparaître des langues qu’on eût dites de feu ; elles se partageaient, et il s’en posa une sur chacun d’eux » (Ac 2, 2). Sur les enluminures de la Pentecôte, telle celle du Psautier Hunter (Angleterre, v. 1170), le rouge domine. Mais pour l’artiste niçois Yves Klein (1928-1962), « le feu est bleu, or et rose aussi ». C’est pourquoi ces couleurs sont si présentes.

Elles ont été reprises pour le mobilier liturgique. Quant aux formes retenues pour l’autel, l’ambon, la croix et le support du saint-chrême, elles s’inspirent des oeuvres de l’artiste belge Arne Quinze (né en 1971), structures à la fois monumentales, précaires et aléatoires de lattes de bois. Ici, ces assemblages suggèrent aussi des fagots prêts à s’enflammer.

 

Dès la fin du mois d’août 2017, le travail a commencé. Chacun y a pris part en faisant couler la peinture sur des panneaux inclinés, ou en l’étalant avec un rouleau, en sciant, coupant, clouant, ou seulement en encourageant. En priant aussi, car ce que l’on faisait, on le faisait pour le Seigneur et pour tous ses amis

rassemblés, pour accueillir l’Esprit répandu dans les coeurs.

 

Commission Diocésaine d’Art Sacré, Anne Da Rocha Carneiro, Gil Dara, Bruno Minet

 

 

 

 

Expositions du 22 juin au 28 septembre 2018, à la Passerelle, Permanence du lundi au vendredi de 10h à 18h (juillet-août de 12h à 18h) - Entrée gratuite

Et du 13 juillet au 30 août 2018, dans le Centre commercial Euralille.

 

 

Juin 2018, Gautier Deblonde :

Quatre ateliers, six mois de créations, de discussions, de choix de couleurs, de plaisir et d’émotions. L’attente des rencontres à venir.

Chaque atelier travaille à la fabrication du décor du rassemblement de Pentecôte 2018 au Grand Palais de Lille. Ils ont réussi le défi d’intervenir avec légèreté et bonheur dans un univers fragile, parfois douloureux.

Comme chaque année, je me laisse porter par l’énergie créatrice.

Des panneaux grand formats servent de support, la peinture y est projetée avec enthousiasme.

Le mobilier liturgique est assemblé, vissé, peint par différents ateliers.

Chacun laisse quelque chose de son savoir-faire.

Inventer des nouvelles formes, créer a plusieurs, faire se côtoyer des démarches de création a multiples entrées, travailler a un devenir commun.

Le décor est installé pour la célébration diocésaine de confirmation menée par Monseigneur Ulrich.

La célébration suivie par 10000 participants est le point d’orgue de ces six mois passés ensemble.

Un moment de recueillement, de fierté et d’humilité.

 

Biographie de Gautier Deblonde.

Après des études de photographie en Belgique qui m’ont sensibilisé à l’état d’esprit du milieu de l’art contemporain, je me suis installé à Londres en 1991, à la toute fin de l’ère Thatcher ; j’y ai vécu à temps plein jusqu’en 2006, pendant les années Tony Blair. Porté par un souffle nouveau, marqué par l’émergence d’une nouvelle scène dominée par les YBA (Young British Artists), le milieu culturel londonien bénéficiait alors d’un engouement sans précédent pour l’art contemporain. Ce dynamisme, dans lequel je me suis immédiatement retrouvé plongé, m’a particulièrement marqué.

J’ai travaillé pour la presse internationale pendant 15 ans, que ce soient des titres français comme Libération ou Le Monde, ou la presse anglaise, dont j’ai rapidement perçu le lien fort avec la photographie. La découverte d’un magazine du groupe The Independent en noir et blanc (sorte d’adaptation britannique du Life américain), que j’achetais et étudiais avec soin, a beaucoup contribué à faire évoluer ma conception de la photographie documentaire.

Petit à petit, je me suis mis à photographier les artistes contemporains.

Mon premier ouvrage sur ce thème, intitulé « Artists », a été publié par Tate Publishing en 1999. Suivront « Boy » de Ron Mueck publié par Anthony d’Offay Gallery en 2001 (World Press Award), « Morvern Callar » publié par ScreenPress en 2002 et « Atelier » publié par Steidl Dangin en 2014.

Ce dernier constitue l’aboutissement d’un projet étalé sur une dizaine d’années, pour lequel j’ai écrit directement à tous les artistes, leur demandant l’autorisation de photographier leur atelier : soit près de 150 courriers pour 130 ateliers photographiés, dont 69 retenus pour ce livre.

La série répond à un ensemble de critères : format panoramique, netteté extrême et pose lente, je photographiais les ateliers pendant la pause déjeuner, libres de toute présence humaine. La présence de l’artiste dans son absence. Cette série fut exposée au Petit Palais à Paris lors de l’exposition « Dans L’Atelier », L’artiste photographié, d’Ingres à Jeff Koons du 5 avril au 17 juillet 2016.

En 2013, je réalise mon premier film, Still Life : Ron Mueck at Work pour la Fondation Cartier pour l’Art Contemporain, à la demande de l’artiste qui m’a accordé toute sa confiance et ne voulait faire ce film qu’avec moi. J’ai donc fait le choix d’une manière très photographique de filmer Ron Mueck, toutes les semaines pendant 18 mois avec beaucoup de plans fixes. Still Life : Ron Mueck at Work fut présenté en Europe, au Canada et en Amérique du Sud (Brésil, Mexique, Argentine) dans des galeries, musées et festivals.

Document associé

bio_et_texte_expo.pdf

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