La soupe populaire à Berlin

Tout commença avec Sœur Monika, une Franciscaine. Après  « la chute du Mur » elle ressentit les besoins existentiels des gens de Berlin Est. Dans la rue, on  la suppliait sans cesse pour de l’aide, surtout pour manger. Elle s’adressa, pour obtenir leur appui, aux Franciscains (OFM) présents à Berlin-Pankow. C’est ici que le Projet  de « Soupe Populaire »  commença à se développer sous la responsabilité des Franciscains.

Sœur Monika commença avec une dame  de la Fraternité séculière et l’appui de volontaires. C’est ainsi que l’on cuisinait régulièrement un repas de midi qui était distribué aux visiteurs. Ce début donna aussi son nom à l’ensemble du projet : « Suppenküche/Soupe populaire du Couvent des Franciscains ». Au début 20 personnes arrivèrent, bientôt elles furent 50 puis 100. Pendant l’année 2017, en moyenne 350 à 400 personnes venaient pour la distribution des repas.

Les sans-abris, qui n’ont plus de résidence personnelle, sont particulièrement touchés par les situations d’émergence de la société. Ils n’ont pas de possibilité de logement pour la nuit, pas de lieu de permanence pendant la journée, pas de possibilités de cuisiner ou d’arranger de la nourriture, pas de possibilités de veiller sur leur hygiène corporelle. Pas seulement les sans-abris, mais aussi les personnes ayant d’autres formes de  pauvreté et de besoin sont les bienvenues. Il convient de citer les personnes âgées qui ont des rentes minimales, les familles nombreuses, les handicapés psychiques et les personnes excentriques qui parviendraient difficilement à survivre sans une aide extérieure. 

L’offre d’aide

Au début la soupe populaire avait comme tâche de distribuer la nourriture. Ce fut la première réponse aux requêtes des demandeurs d’aide. Depuis lors, la cuisine  populaire donne des repas chauds six jours par semaine.

Bientôt une autre exigence d’appui se manifesta. Beaucoup réclamaient spécialement des vêtements. On pourvut donc à la création d’un « dépôt de  vêtements » où les sans- abris et les pauvres peuvent obtenir deux fois par semaine des vêtements propres et adaptés au climat.

Comme il s‘agissait du besoin de vêtements plus propres, le dilemme suivant se présenta : De nombreux demandeurs d’aide ressentaient le besoin de la possibilité d’une douche avant de passer au dépôt aux vêtements. L’offre du dépôt fut alors complétée par la création d’une section d’hygiène. On peut s’y doucher, se raser ou laver les cheveux.

Les aides matérielles ne sont cependant pas les seules. Pour beaucoup de visiteurs, l’aspect matériel n’est qu’une entrée en matière. Ils viennent pour discuter avec d’autres personnes afin de participer à la vie sociale de la société. Pour eux la soupe populaire est aussi un centre de communication. Cette affirmation n’est pas exagérée quand on pense que jusqu’à 500 personnes s’y rencontrent chaque jour.  

La conversation a sa valeur mais elle a aussi ses limites. Des visiteurs reviennent  avec des problèmes jusque par-dessus la tête. Ils demandent un appui pour leur orientation. Pour cette raison, on a institué une offre de consultation. Ici, les demandeurs sont accompagnés dans la  perception de leurs problèmes par un assistant social.

Répartition du personnel 

Pour réaliser les objectifs de la Suppenküche, il y a six collaboratrices et un collaborateur à temps partiel, et quatre laïcs et deux Franciscains à temps plein.

Tous les services de la Suppenküche ne pourraient pas se gérer sans l’aide d’un grand nombre d’aidants bénévoles, qui chaque jour, par exemple dans le cadre d’une pratique scolaire - viennent pour aider. En partie, ce sont des anciens sans-abris ou des femmes au foyer, des chômeurs, des étudiants, des retraités mais aussi des volontaires. Un domaine de particulière signification est l’assistance juridique pour les personnes inculpées, selon la devise « Travail au lieu de la punition ».

Financement 

La Suppenküche se trouve sous la responsabilité de la Province Franciscaine Allemande de Sainte Élisabeth et se finance exclusivement par des dons. Beaucoup de dons viennent de donateurs particuliers, d’associations ou de confréries, de communautés paroissiales et d’autres groupes. Le soutien de la population est remarquable.

Dans la Soupe populaire beaucoup de dons en nature sont distribués. Ce qui révèle un certain surplus dans notre société. La serviabilité de donateurs parvient directement aux pauvres.

Avec son important témoignage de diaconie, exactement à l’endroit où dans le passé se profilait le Mur, ce Projet est devenu un élément essentiel de la présence chrétienne dans la Métropole sécularisée. 

Perspectives                                                                                                                                            

Les pauvres ne se trouvent pas en marge de la société, mais ils vivent dans la sphère publique. L’attention aux marginaux et aux pauvres est et reste une expression fondamentale d’une vie chrétienne engagée.

Hermann Schalück, ancien ministre général des franciscains, ancien président de Missio, théologien

Ajouter un commentaire