Pourquoi le buisson ne se consume-t-il pas ? Exode 3, 1-7.9-10

Moïse était berger du troupeau de son beau-père Jéthro, prêtre de Madiane. Il mena le troupeau au-delà du désert et parvint à la montagne de Dieu, à l’Horeb. L’ange  du Seigneur lui apparut dans la flamme d’un buisson en feu. Moïse regarda : le buisson brûlait sans se consumer. Moïse se dit alors : « Je vais faire un détour pour voir cette chose extraordinaire : pourquoi le buisson ne se consume-t-il pas ? » Le Seigneur vit qu’il avait fait un détour pour voir, et Dieu l’appela du milieu du buisson : « Moïse ! Moïse ! » Il dit : « Me voici ! » Dieu dit alors :

« N’approche pas d’ici ! Retire les sandales de tes pieds, car le lieu où tu te tiens est une terre sainte ! » Et il déclara : « Je suis le Dieu de ton père, le Dieu d’Abraham, le Dieu d’Isaac, le Dieu de Jacob. » Moïse se voila le visage car il craignait de porter son regard sur Dieu. Le Seigneur dit : « J’ai vu, oui, j’ai vu la misère de mon peuple qui est en Égypte, et j’ai entendu ses cris sous les coups des surveillants. Oui, je connais ses souffrances. Maintenant, le cri des fils d’Israël est parvenu jusqu’à moi, et j’ai vu l’oppression que leur font subir les Égyptiens. Maintenant donc, va ! Je t’envoie chez Pharaon : tu feras sortir d’Égypte mon peuple, les fils d’Israël. »

Méditation[i]

SERVICE NATIONAL DE LA PASTORALE DES MIGRANTS ET DES PERSONNES ITINERANTES (SNPMPI)

Laissons résonner ce récit en nous : la surprise de la rencontre avec Dieu ; l’exigence d’enlever nos sandales, de nous dépouiller ; la révélation de Dieu ; un appel…

Au beau milieu de sa vie quotidienne, Moïse, un chevrier dans le désert du Sinaï, voit soudain quelque chose d’inhabituel : un buisson qui brûle, mais ne se consume pas ! Il s’arrête devant cette apparition qui le fascine et le trouble. Il ne continue pas son chemin habituel, mais il fait un détour. Il s’approche, voulant regarder de plus près. Il s’avance vers le buisson, ouvert à l’inattendu.

  • Un buisson dans le désert : pas forcément un objet digne d’intérêt qui attire et invite à s’attarder. Comme tant d’autres endroits habituels, dans notre vie ordinaire... Certains sont même repoussants ou font peur, et on a envie de s’éloigner au plus vite. Et pourtant, Moïse s’arrête et s’approche.
  • Voici une première indication pour aller à la rencontre du Seigneur : la disponibilité pour s’arrêter – au lieu de continuer son chemin – pour s’approcher, dans une attitude d’ouverture, de curiosité…
  • Le texte peut me renvoyer vers des expériences dans ma propre vie : non pas devant un buisson, mais dans d’autres lieux qui m’interpellent, parfois me troublent – dans la rencontre de l’inconnu, de l’étrange, de manière inattendue. Et pourtant quelque chose m’attire – une parole, un regard, un visage, un geste…  et j’ose m’approcher.

Une voix interpelle Moïse : « Retire tes sandales car le lieu où tu te tiens est une terre sainte » (Ex 3, 5). Appel à s’arrêter, à enlever ses sandales… Moïse obéit, à l’écoute de la voix de Dieu qui veut lui parler.

  • « Le lieu où tu te tiens est une terre sainte » : une parole surprenante pour Moïse, en plein désert, au beau milieu de son travail quotidien de chevrier. Et pourtant Dieu parle bien de « terre sainte ». Quand on entend ce terme, on pense plus facilement à la terre où Jésus a vécu : Israël, la Terre sainte ! Ou à un lieu de pèlerinage, un sanctuaire, une église… Mais est-ce que le sol de de notre vie ordinaire peut devenir « terre sainte » ? Nos rues, nos maisons, nos lieux d’engagement ? « Terre sainte » car le Seigneur y est présent, le Seigneur nous y parle.
  • Pour toucher cette terre sainte, Dieu met une condition : il faut enlever ses sandales ! Les chaussures sont parfois un symbole de notre statut, signe de prestige… Dieu demande par la voix de l’ange : « Enlève-les ! » Laisse ton statut, laisse ce qui te protège, mais qui te garde aussi à distance, parce que Dieu veut te parler, ici !
  • C’est l’invitation à me déchausser de manière plus symbolique : laisser mes idées préconçues, mes jugements et comparaisons, ma conviction de savoir ce qui est bien pour l’autre… Me déchausser, c’est aussi devenir vulnérable, accueillir mes propres blessures… Entrer dans un chemin d’humilité, de détachement – pour devenir « simplement » enfant de Dieu, avec mes frères et sœurs en humanité, libre pour la rencontre…
  • Retirer ses chaussures, c’est toucher davantage notre humanité, mon humanité comme celle de l’autre.

« Je suis le Dieu de ton père, le Dieu d’Abraham, le Dieu d’Isaac, le Dieu de Jacob. » Le récit continue avec la révélation de Dieu. Et il affirme : « J’ai vu la misère de mon peuple. »

  • Une fois ses chaussures retirées, Moïse peut accueillir la révélation de Dieu : sa voix, sa présence. Dieu se présente comme le Dieu de ses pères : un Dieu qui connaît l’histoire de sa famille, un Dieu qui chemine avec son peuple, un Dieu qui entend ses cris. Dieu n’est pas un Dieu lointain, mais proche de notre histoire, de nos réalités, de notre vie ordinaire.

Et Dieu appelle Moïse à libérer son peuple : « Va ! Je t’envoie » ; « Tu feras sortir d’Égypte mon peuple. » Appel à guider le peuple sur le chemin vers la liberté…

  • Dieu appelle, il compte sur chacun, sur chacune. Il nous fait confiance pour vivre une  mission. Appel à nous mettre en route à notre tour. Appel à nous mettre en route ensemble, sur un chemin de liberté, de fraternité, vers une vie digne.

Laissons résonner ce récit en nous : la surprise de la rencontre avec Dieu ; l’exigence d’enlever nos sandales, de nous dépouiller ; la révélation de Dieu ; un appel…

SERVICE NATIONAL DE LA PASTORALE DES MIGRANTS ET DES PERSONNES ITINERANTES (SNPMPI), 58, avenue de Breteuil - 75007 Paris

Tél. 01 72 36 69 47 – migrants@cef.fr http://migrations.catholique.fr/

 

[i]. Méditation inspirée par les réflexions du P. Christian Herwatz, s.j. (cf. Nos villes, d’un cœur brûlant : les Exercices spirituels dans la rue, Éditions Vie chrétienne, juillet 2015).

 

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