Migrants : la Péniche « Je sers »

28/11/2016

La Péniche « Je sers » est un bateau un peu particulier. Situé à Conflans Sainte-Honorine, dans les Yvelines, ce bateau-chapelle, paroisse batelière traditionnelle, est sédentaire depuis bien des années. La péniche est aussi un lieu refuge et d’entraide pour bien des personnes, où l’on arrive quand on a plus le choix. Actuellement, ce sont majoritairement des migrants tibétains qui sont accueillis. Au fil des ans, la péniche originelle s’est agrandie de deux autres bateaux qui lui sont fixés. Une quarantaine de lits sont ainsi proposés, mais aussi des cours de français pour les étrangers, des aides administratives et bien sûr les repas quotidiens. Car la péniche, c’est aussi une famille. La famille du Père Arthur Hervet, arrivé en 1989 et désormais retiré, dont le charisme reste bien présent à bord.

A midi, comme chaque jour, une camionnette arrive sur le quai de la République. Des migrants bénévoles s’accélèrent. Ils déchargent la nourriture récoltée dans des supermarchés des alentours, des invendus, qui vont être redistribués et permettre le service de 200 repas dans la journée. Yaourts, jambon, pain, légumes, … Un jeune homme, habitué de la Péniche, explique qu’ « il faut s’entraider dans la vie, sinon on est foutus ».

A travers les vitres de la péniche, telle une fourmilière en activité, on aperçoit les migrants-bénévoles qui trient les aliments, mettent les couverts, commencent à servir le repas dans la salle principale. Le repas est très organisé, chacun met la main à la pâte. Et chacun sait ce qu’il doit faire. Les rôles et les responsabilités tournent. Les uns sont chargés de servir, de préparer le repas ; les autres de ranger, de laver, … . Le fonctionnement de la péniche repose ainsi en grande partie sur la bonne volonté des accueillis.

Ici, certaines personnes sont incontournables. C’est le cas de frère Tam, jeune frère assomptionniste responsable de la Péniche depuis 2 ans, du Père Joseph (« Père Jo ») et d’Hugues Fresneau, le directeur. Les trois hommes prennent leur repas avec les migrants, au bout d’une des deux grandes tablées de la pièce principale. Le lieu est chaleureux ; la décoration, tout en bois, et la bienveillance qui règne rappellent les dîners d’hiver en famille ; simples mais joyeux, où chacun a une attention pour l’autre.

Une fois le repas terminé, on se répartit les prochaines tâches : vaisselle, nettoyage des douches, déplacements en voiture, … . C’est le moment aussi, pour certains, de régler certains points administratifs de leur dossier dans le bureau d’accueil. Toute cette solidarité est rendue possible grâce à une dizaine de salariés et à la participation active d'une centaine de bénévoles : accueil dans les familles, alphabétisation, banque alimentaire, vestiaire, accueil, accompagnement et soutien de tout ordre.

Après un petit tour en cuisine, c’est l’heure de l’office du milieu du jour. Rendez-vous pour les frères dans la chapelle, à l’extrémité de la péniche. Essentielle, elle est le cœur de la mission de la péniche, là où ils puisent leur force quotidienne. Pris par la quiétude du lieu, on oublie vite que l’on est sur l’eau.

Le frère Tam est beaucoup sollicité. Très discret, il gère d’une main de maître toutes les activités. En plus de la péniche, il est attendu au Pointil, bâtiment désaffecté des voies navigables de France qui leur a été confié pour élargir l’accueil. Là-bas, sont logés pour la nuit des migrants tibétains. Face à la récente affluence et au froid, des logements de fortune (tentes sous bâches) ont été dressé en supplément. La journée, des bénévoles sont présentes pour aider à constituer des dossiers administratifs. Pour patienter, deux jeunes femmes en service civique proposent du thé et quelques biscuits. Il faut également s’assurer de l’avancée des travaux de réhabilitation du lieu.

Cette journée passée à accompagner frère Tam est une expérience humaine profonde mêlant partage, amitié et fraternité. C’est aussi une expérience d’abandon à la providence et de charité en actes.

Vous voulez en savoir plus sur la Péniche "Je sers" ? Vous voulez participez ? Retrouvez toutes les informations sur le site internet.

 

© Crédits Photo : Fondation Jean Rodhain

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