Des rencontres décisives qui ont changé sa vie

 

Paulette Schmitt, chrétienne et militante à ATD Quart Monde à Toulouse :   

 

Avant que je rencontre les Sœurs de la Bonne Nouvelle, j’ai rencontré José et sa femme Marilou qui habitaient dans mon quartier. Une fois par semaine, on partageait la Parole du Seigneur. Je buvais chaque parole, mais ma souffrance était toujours là et le Seigneur restait sourd à mes prières.Puis j’ai rencontré Janine, une volontaire d’ATD Quart Monde, le mouvement du Père Joseph. Elle m’a appris à lire et avec elle, j’animais tous les mercredis la bibliothèque de rue. 

Puis je suis partie et j’ai rencontré le père de mon fils… et le Seigneur restait sourd à mes prières. Je souffrais dans ma chair et dans mon âme. J’ai quitté le père de mon fils et je suis partie sans savoir où aller. Je me suis retrouvée dans la rue. Mais le Seigneur m’a envoyé une petite bonne femme que tout le monde se moquait car elle fouillait les poubelles. Cette personne qu’on ne regardait pas, elle m’a prise chez elle jusqu’à ce que je mette au monde mon fils. Cet ange que le Seigneur avait mis sur ma route une fois de plus…

Puis un jour, j’ai rencontré les Sœurs de la Bonne Nouvelle, Sr Suzanne, la fondatrice, Sr Anne et Monique.  Elles m’ont beaucoup aidée. Grâce aux sœurs, j’ai compris pourquoi Jésus m’aimait malgré qu’il restait toujours sourd à mes prières, car il a vécu l’humiliation et la souffrance sur la Croix. Il me comprenait. Puis toutes les personnes que j’ai rencontrées : Père Patrice qui m’a beaucoup aidée dans mes démarches quand j’ai perdu mon bébé en 1982. Toutes ces personnes m’ont permis de me reconstruire et renforcer ma foi et mon amour pour notre Seigneur. J’ai eu un chemin très dur avec beaucoup de larmes mais beaucoup de joies. Je remercie chaque jour de ma vie et je rends grâce à Dieu d’avoir mis tous ces anges sur ma route.

Aujourd’hui, je suis militante engagée à ATD Quart Monde. Les militants savent le poids de l’exclusion et de la misère qu’ils refusent de toutes leurs forces. Voilà pourquoi ils traitent le plus méprisé comme un frère.

Aujourd’hui, je peux témoigner qu’être aimée de Dieu donne un sens à mon existence. Il me rappelle que la fraternité doit être construite autour du plus faible, du plus pauvre, pour que personne ne soit laissé dehors. Depuis 2007, je me suis investie dans un groupe des droits où on accompagne et on essaie de trouver des solutions. Je fais partie du ‘réseau école’ depuis qu’il s’est créé à Toulouse.

J’avais toujours entendu dire que j’étais une bonne à rien, mais le Seigneur m’a montré que j’étais importante à ses yeux. Je me suis rendu compte que j’étais capable de faire des choses. Une phrase que j’ai entendue et que j’aime beaucoup : “Le monde pourrait voir et croire que la haine et la mort sont toujours vaincus par l’amour de notre Seigneur.“

Tous les 17 octobre, nous fêtons sur la place du Trocadéro le refus de la misère. Que de larmes ont mouillé ce sol ! Que de souffrances ont endurées des centaines de familles en ces lieux ! Que de cris ont percé le ciel ! Seule la chair des hommes en porte encore la cicatrice. Seule la mémoire des enfants devenus grands en retiendra le souvenir ; et pourtant en ce lieu, l’humanité a souffert comme nulle part ailleurs.

Nous ne pouvons pas apporter de grands savoirs. Nous, nous avons ce que les autres n’ont pas, qu’ils doivent connaitre : c’est notre expérience de l’exclusion.

 

 

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