L’inégalité mise en récit

27/03/2017

 

Article publié dans la Revue Projet de février 2017. Nous vous en proposons quelques extraits.

 

Comment les inégalités sont-elles vécues par des personnes vivant des situations de pauvreté et d’exclusion sociale ? Des personnes accompagnées par le Secours Catholique à Dreux, Créteil et Paris, réagissent, lors d'ateliers d'écriture.

(...)

Mesurer le développement de nos sociétés à la place accordée aux plus fragiles

– Dans tous les domaines, cela devrait vouloir dire qu’on pense les choses pour permettre à ceux qui ont eu le moins de chance, le moins de facilités, de pouvoir réussir à l’école, avoir une activité leur permettant de vivre dignement et d’ouvrir un futur, de vraiment jouer un rôle, même très modeste, de trouver leur place, de vivre comme tout le monde.

– Oui, mais ce n’est pas ça qui se passe, c’est l’inverse. Les inégalités sont cultivées : la société, l’école, l’entreprise sont faites pour les gagnants, les plus performants ou les plus malins … y compris pour payer le moins d’impôts possible, alors que ça devrait servir à réduire les inégalités.

– Il y a ceux qui se débrouillent, plus ou moins bien, qui s’adaptent et surnagent comme ils peuvent, qui arrivent à se couler dans la norme. Ce sont les plus nombreux. Et puis il y a ceux qui n’ont même pas cette possibilité-là, les perdants, les plus fragiles ou handicapés, les moins chanceux, les moins « performants ». Et c’est un engrenage : tu viens d’une famille qui galère, t’as du mal à l’école, tu ne trouves pas de boulot, tu n’oses pas prendre la parole, tu comptes pour du beurre. À ton tour, tu vis dans des conditions difficiles, tes enfants ont du mal, les inégalités se reproduisent … Ce n’est pas fatal, mais c’est souvent comme ça !

– À condition de ne pas baisser les bras …

– Comment ? Il y a ce qui dépend de nous, personnellement, ou de quelques-uns (…) ; mais au-delà ? Le problème, c’est qu’on ne voit pas la morale l’emporter d’un coup de baguette magique sur le chacun pour soi … et tout pour moi.

– Je crois qu’il faut que chacun se batte … mais pas seulement pour sa pomme !

– Et que ce soit ensemble … en évitant d’entrer dans les logiques d’« accaparement » qu’on dénonce.

– Y’a du boulot !

– Ça tombe bien : tu disais tout à l’heure que tu n’en trouvais pas !

 

Article à retrouver dans son intégralité dans la Revue Projet de février 2017.

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