Nevers 2018 : L’accueil des migrants et des exilés qui viennent en France, qu’en pensez-vous ? (5)

15/03/2018

Chaque année, le Réseau Saint Laurent organise une session de théologie pastorale à Nevers consacrée à l'expérience de foi des pauvres et à la diaconie. En 2018, les groupes de personnes ont partagé et réfléchi autour du thème de l'hospitalité. Retrouvez ci-dessous un cinquième extrait de ce texte de paroles.

 

L’accueil des migrants et des exilés

qui viennent en France, qu’en pensez-vous ?

 

Il arriverait les mêmes choses dans notre pays, on connaîtrait la guerre, tout ça, j'aimerais bien être accueilli dans un autre pays si la France était dans cet état. C'est atroce de voir tous ces enfants derrière les barbelés. C'est des déplacés. Moi j'ai connu dans mon enfance le déplacement, parce qu'on ne voulait pas de nous dans tel quartier, on nous déplaçait dans un autre quartier.

Dans l’association on a accueilli une famille d’émigrants, c'est dur de communiquer avec eux, ils ne parlent pas un mot de français. On a passé une journée à la mer et ils étaient d’un côté, nous de l’autre. On ne savait pas comment se parler. Le dialogue ne s'est pas mis en route, malgré les sourires.

Est-ce qu’on a peur ? On pourrait leur donner une maison où ils seraient protégés du froid, de la pluie. Ils auraient un toit, sans qu'ils viennent gêner les gens qui habitent dans le quartier. J'ai entendu beaucoup de gens dire : ils viennent manger le pain français. Mais en fin de compte, non ! Moi je pense qu'ils ont le droit à un logement. Ils ont des vies difficiles dans leur pays. Pourquoi ils ne viendraient pas en France pour trouver un peu de paix ?

Il paraît que dans tous les lieux d'accueil, ce serait seulement des étrangers qui seraient reçus. Je me suis dit : « Mais alors si je fais le 115 à Paris, t’es français, tu restes dehors, t’es pas français, t’es accueilli ? » Ça m'a complètement bouleversée. Parce que quand même !

On a eu des universités populaires avec des étrangers et ils ont vraiment apporté quelque chose. Mais dès qu’ils avaient leurs papiers, on ne les a plus revus à ATD, parce qu’ils ne viennent pas du monde de la misère.

Ils ont des diplômes. Si dans leur pays ils ont été à l'université, ils ont cette richesse là. Ils ne sont pas arrivés avec juste les vêtements qu’ils ont sur eux. Ce qu'ils ont dans la tête, on ne leur enlèvera pas. Ils ont toute une richesse. Plusieurs ont commencé avec beaucoup de courage à faire des ménages ou être à l'abattoir, et aujourd'hui ils ont des métiers que moi je n’aurais jamais pu faire, parce qu'ils ont de leur pays un savoir. Si on peut voir les richesses de l'étranger au lieu de ne voir que leur manque de vêtements, peut-être qu'on va pouvoir aussi voir la richesse de celui-là qui est dans la misère en France.

Retrouvez, ci-dessous en pièce-jointe, le texte complet en version pdf.

 

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