Quel est le sens du travail ?

07/06/2017

Chaque année, à l'automne, le Réseau Saint Laurent* organise une session de théologie pastorale à Nevers consacrée à l'expérience de foi des pauvres et à la diaconie. En 2016, les groupes de personnes ont partagé et réfléchi autour du thème du travail. Retrouvez ci-dessous le cinquième extrait de ce texte de paroles.

 

Le travail c’est pour faire quelque chose d’utile. C’est être utile en travaillant avec les autres aussi. Alors je vois là le travail une nécessité, ça fait partie du sens de la vie. Comme dit le pape, oui c’est une nécessité, parce que pour pouvoir vivre, manger, nourrir sa famille, tout ça c’est utile. Et si on ne travaille pas, l’humanité peut se dégrader parce qu’on n’entretient pas ce qui nous a été donné, la nature, soigner les animaux, fabriquer la farine, tout ça. Tout ce dont on a besoin pour vivre. Il faut travailler pour que la nature aussi puisse vivre parce que l’homme a besoin de la nature et la nature a besoin de l’homme. Il faut que ça fasse un tout. Que ça s’accorde bien les uns avec les autres.

Le Seigneur veut nous utiliser pour poursuivre la création. Le travail c’est pour aider l’homme à être plus humain, le valoriser, le glorifier, et qu’il rende la nature et la vie plus belles autour de lui, comme Dieu avait fait un jardin. Quand on est infirmière, on s’occupe de personnes malades, d’un côté on va gagner sa vie, faire vivre sa famille, d’un autre côté c’est une grande responsabilité. Dans chaque boulot, on est responsable de nous et des autres, par exemple dans le cas de l’infirmière ou l’aide-soignante, c’est d’aussi bien traiter la personne que tu soignes que si tu le faisais à toi-même. Dans tous les boulots, il faut agir avec bon sens et honnêteté. Si on ne fait pas bien son travail, ça retombe sur les autres et tout le monde en pâtit. Pour moi le sens, c’est un mot très grave. Il y a des gens qui sont tellement sous-estimés au travail qu’ils ne font pas bien leur travail parce qu’ils sont malheureux. Et ça se répercute sur d’autres et les gens se plaignent que ce n’est pas bien fait. Mais est-ce qu’au bas de l’échelle on a respecté le petit ? Est-ce qu’on lui a laissé la place de faire bien son travail ? Est-ce qu’on ne l’a pas trop compressé ? Dans le quartier des gens critiquent ceux qui s’occupent des espaces verts, qui ramassent les ordures. C’est énorme ce boulot. Les gens mettent n’importe où leurs ordures. Ça je ne supporte pas. Alors, si on respectait le travailleur et l’environnement où il travaille, ça irait un peu mieux.

Oui, le travail a un sens, mais comme toute chose où l’homme met la main, il a essayé de le dévaloriser pour son profit. Il a créé l’esclavage. Quand il y a l’oisiveté, l’homme fait des bêtises. Si chacun pouvait travailler dans ses compétences, dans l’amour de ce qu’il aime faire, ça changerait beaucoup de choses. Quand on va travailler avec le sourire ou quand on y va à reculons, ce n’est pas la même chose. Quand on va travailler au juste prix de son travail, ce qui est normal, et quand on voit des footballers payés un salaire avec lequel un ouvrier pourrait vivre 30 ans, c’est pas normal ! C’est toutes ces choses là qui dévaluent le sens du mot travail.

Le travail apporte beaucoup à l’homme par la recherche, par exemple la recherche pour les enfants malades. Il y a aussi le travail d’équipe et le plaisir d’apporter le bien-être, pour faire grandir. Là, le travail prend un sens, que ce soit celui qui arrache les pommes de terre ou celui qui est dans la recherche, et c’est ça la valeur de l’homme, continuer la création dans la beauté que Dieu désire, avec tout l’amour dans le travail.

On a tous besoin les uns des autres. L’ingénieur a besoin du pain. Il ne sait pas faire le pain. Le boulanger s’il fait du bon pain, l’ingénieur reviendra tous les jours chercher son pain. On a besoin de tous les corps de métier. C’est sûr, on se complète, même celui qui ramasse les ordures. Qu’est-ce qu’il est important ! Parce quand y a une grève, ça sent mauvais dans les villes et tout ça hein ! On est tous une chaine et dès qu’on brise un morceau de cette chaine, c’est la débandade, et ça, il faudrait quand même se l’inscrire dans la tête !

Là où je travaillais, on était sur de très grands plateaux et ça tournait à 3000 personnes, mais on se disait tout, on avait un chef de service qui avait un respect des autres et quand dans le service quelqu’un dénigrait l’agent de bureau ou celui qui était en dessous, il demandait le respect. S’il y avait  dans la tête des gens : " Je vais au travail, mais j’y vais par amour de mon travail", ça irait beaucoup mieux. On ferait tourner les entreprises. Mais c’est le respect du plus petit, comme l’employée de maison qu’on dénigrait. Moi je crois que c’est le regard de la personne, qu’on commence le matin par lui dire bonjour, faire un sourire et se dire : " Ta place elle est là ! ", qu’elle comprenne : je viens comme les autres. Il faut remettre ça au centre et ça va être un dur travail.

Ont participé à l’élaboration de ce texte

  • Jean-Claude Caillaux : animateur
  • Paule Farabollini : enregistrement et décryptage
  • Groupe Sainte Claire de la Riche /Yon :
    • Lionel
    • Jacques
    • Gilles
    • Chantal
    • Michael
  • Groupe de Chemin d’Espoir :
    • Christian
    • Sylvie
    • Michelle
    • Marie-Renée
  • Groupe de la Pierre d’Angle de la Flèche :
    • Chantal
    • Lydie
    • Isabelle
    • Valérie
  • Groupe de la fraternité St Martin :
    • Fabiola
    • Dominique
    • Jeannette
    • Bernadette

* Le réseau Saint Laurent met en relation des groupes chrétiens diversifiés qui partagent en Eglise un chemin de fraternité et de foi avec et à partir de personnes vivant des situations de grandes pauvreté et d'exclusion sociale.

Retrouvez le texte de Nevers sur le travail en intégralité ici, le premier extrait ("Quand j'entends le mot travail, ça me fait penser à quoi ?"), le deuxième extrait ("Pourquoi le travail c'est si important ?), le troisième extrait ("C'est quoi le contraire du travail ?"), le quatrième extrait ("Est-ce qu'il y a une différence entre le travail et le service ?")  le sixième extrait ("Est-ce que Dieu veut que nous travaillions, hommes et femmes ?"), la relecture de Laudato si' et la relecture de ces textes par la théologienne Clémence Rouvier.

Vous trouverez également une relecture théologique du texte sur le travail par Etienne Grieu et Dominique Fontaine.

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