Témoignage d''Aïssatou

 

 

 

Rencontre à Taizé (juillet 2018)  - Musulmans et chrétiens mélangés pour échanger, débattre sur ce qui nous avait marqué dans les interventions.

 

 

 

Du 5 au 8 juillet 2018, j’ai participé à la rencontre de Taizé. J’ai passé des moments agréables et inoubliables.

Plusieurs choses m’ont marquée :

Des expériences et des moments de partage :

A chaque repas, tout le monde prenait le petit déjeuner et le dîner ensemble sans aucune distinction de race, de religion, et de classe sociale. Pendant ces moments, on se mettait en cercle pour remercier Dieu de nous avoir donné le repas en partage. Le fait de se mettre en cercle était pour moi, un instant symbolique qui me rappelait mon pays. Après le petit déjeuner, les chrétiens se mettaient en prière. Les musulmans étaient invités aux temps de prières des chrétiens et vice versa. Ensuite, musulmans et chrétiens mélangés rejoignaient les ateliers et les groupes pour échanger, débattre sur ce qui nous avait marqué dans les interventions.

Des expériences de personnes intéressantes :

Angelie venant d’Angleterre nous a raconté l’histoire d’une femme belge âgée de plus de 70 ans qui quittait la Belgique pour aller à Calais, recueillir les chaussettes des migrants pour les laver chez elle avant de revenir les apporter aux personnes. Ce geste de solidarité m’a beaucoup touchée.

J’ai été marquée par l’expérience et le parcours d’Angelie. Son histoire est une leçon. Elle racontait la haine et la violence qui se passait autour d’elle. Sa tante subissait des violences conjugales et personne n’a rien fait jusqu’à ce qu’elle soit morte sous les coups de son propre mari. La situation de cet enfant syrien mort sur les côtes méditerranéennes sans que personne ne puisse rien empêcher. Elle se demandait où était Dieu. Elle a arrêté de prier pendant un an en se posant des questions auxquelles elle n’avait pas de réponses. Elle a frappé à toutes les portes, la police, les associations, les mosquées, les églises, la mairie pour faire quelque chose pour ces personnes. Elle a fini par créer sa propre association.

Après son témoignage, je me suis redit que tout est possible pour réaliser ses rêves. J’ai aussi retenu que la haine n’est pas mauvaise si l’on s’en sert pour faire du bien. Elle peut nous amener au courage, à la force de se dépasser et à la volonté d’arriver à ses rêves. Ca m’a donné le courage de lutter pour mes rêves. Depuis l’âge de 16 ans, j’ai toujours rêvé de créer mon association pour défendre et protéger les femmes.

Mes remerciements :

Mesdames et Messieurs du Secours Catholique, je vous remercie de m’avoir donné l’occasion de participer à cette aventure, à cette expérience, à cette fraternité, à cette vie intérieure. J’ai découvert tout ça grâce à votre solidarité, votre bienveillance, votre soutien. Depuis que je suis arrivée en France, c’est le seul endroit où je me suis sentie chez moi bien que je suis dans un pays différent du mien. J’ai vécu des expériences exceptionnelles. Merci pour cette confiance que vous avez accordée à ma personne. J’ai voulu vous faire part de ces jours si spéciaux.

Merci

Aïssatou


 

 

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