Des pères de l’Eglise nous aident à préparer la journée mondiale des pauvres (1)

Afin de préparer la Journée Mondiales des Pauvres, retour sur des textes de St Jean Chrysostome et St Augustin.

 

Veux-tu honorer le Corps du Christ ?... St Jean Chrysostome

Ne commence pas par le mépriser quand il est nu. Ne l’honore pas ici avec des étoffes de soie, pour le négliger dehors où il souffre du froid et de la nudité. Car celui qui a dit : Ceci est mon corps, est le même qui a dit : Vous m’avez vu affamé et vous ne m’avez pas nourri. Quelle utilité à ce que la table du Christ soit chargée de coupes d’or, quand il meurt de faim ? Rassasie d’abord l’affamé et orne ensuite sa table. Tu fabriques une coupe d’or et tu ne donnes pas une coupe d’eau. En ornant sa maison, veille à ne pas mépriser ton frère affligé : car ce temple-ci est plus précieux que celui-là…

Qui pratique l’aumône exerce une fonction sacerdotale. Tu veux voir ton autel ? Cet autel est constitué par les propres membres du Christ. Et le Corps du Seigneur devient pour toi un autel. Vénère-le. Il est plus auguste que l’autel de pierre où tu célèbres le saint Sacrifice… Et toi, tu honores l’autel qui reçoit le Corps du Christ. Cet autel-là, partout il t’est possible de le contempler, dans les rues et sur les places ; et à toute heure tu peux y célébrer ta liturgie.

Jean Chrysostome, Homélies du commentaire sur saint Matthieu, in À l'écoute de saint Jean Chrysostome, p. 131, Éditions Sainte-Madeleine

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"En aimant le prochain, tu purifies ton regard pour voir Dieu." St Augustin

Or, comment trouvons-nous, dans ces deux commandements du Seigneur au paralytique de Bethsaïda, la figure des deux préceptes de la Charité ? "Prends, dit-il, ton grabat et marche ". Réfléchissez avec moi, frères, à la nature de ces deux préceptes. Ils doivent vous être très connus, et non seulement vous venir à l’esprit, quand nous les rappelons, mais ne jamais s’effacer de vos cœurs ; tel est votre devoir. Pensez sans cesse qu’il faut aimer Dieu et le prochain : "Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton esprit ; et ton prochain comme toi-même ". Tel doit être l’objet continuel de vos pensées, de votre méditation, de votre souvenir, de vos actions, de tous vos efforts. L’amour de Dieu est le premier dans l’ordre du précepte, mais l’amour du prochain est le premier dans l’ordre de l’exécution. Et en effet Celui qui te commandait cet amour en deux préceptes, ne pouvait te commander d’aimer d’abord ton prochain et dieu ensuite : mais Dieu et le prochain. Seulement, parce que tu ne vois pas encore Dieu, c’est en aimant le prochain que tu mérites de Le voir ; en aimant le prochain, tu purifies ton œil pour voir Dieu. C’est pour Jean une évidence : " Si tu n’aimes pas ton frère que tu vois, comment pourras-tu aimer Dieu que tu ne vois pas ?" (1 Jn, 4, 20). On te dit : Aime Dieu. Si tu me dis : Montre-moi celui que je dois aimer ; que répondrai-je, sinon ce que dit Jean lui-même : "Dieu, personne ne l’a jamais vu " (Jn 1, 18) ? Et pourtant ne te crois pas tout à fait étranger à la vision de Dieu : "dieu, dit Jean, est Amour ; et qui conque demeure dans l’amour demeure en Dieu " (1 Jn, 4, 16). Aime donc le prochain ; et considère en toit la source de cet amour du prochain ; là, autant qu’il est possible, tu verras Dieu. Commence donc à aimer le prochain. " Partage avec l’affamé ton pain, et l’indigent sans toit, reçois-le en ta maison ; si tu vois un homme nu, habille-le, et ne méprise pas ceux qui sont de ta propre chair " (Is 58, 7-8). En agissant ainsi, qu’obtiendras-tu ? "Alors ta lumière poindra, comme la lumière du matin" (Is 58, 8). Ta lumière, c’est ton Dieu, pour toi lumière du matin, car elle succédera à la nuit de ce siècle : Lui, en effet, Il ne se lève ni ne se couche, parce que Il demeure éternellement. Il sera lumière du matin pour toi qui reviens, Lui qui avait été comme le soleil couchant, alors que tu périssais. Ainsi donc : "Prends ton grabat" me paraît signifier : Aime ton prochain.

Cité par Henri Marrou, Saint Augustin et l’augustinisme, Paris, Seuil, 1962, p. 119-120. In Johannis Evangelium Tractatus, 17, 8. Trad. A. M. La Bonnardière.

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