La participation des personnes

Article paru dans le journal « Mains nues »,  Aux captifs la libération. Eté 2018

La participation des personnes en précarité, en situation d’exclusion… Cela me fait penser à plusieurs passages de la Bible.

D’abord Bartimée, connu des habitants de la ville de Jéricho pour mendier le long de la route qui mène à Jérusalem. Jésus sort de la ville pour se rendre à Jérusalem et une grande foule le suit. Tous s’attendent à un grand évènement là-bas ! Bartimée crie et appelle ce Jésus plusieurs fois. La foule lui intime de se taire ! Il dérange le processus en cours... Là Jésus s’arrête et demande à la foule de l’appeler ! Pas de processus tant que Bartimée ne peut s’exprimer. Je pense aussi aux enfants que les disciples veulent éloigner de Jésus et qu’il annonce alors comme les porteurs de la Bonne Nouvelle. A croire que ceux qui vivent aux périphéries de nos sociétés et peinent à survivre parfois, quand leur cœur les pousse à s’engager, ébranle nos processus souvent bien huilés ainsi que nos protocoles.Ces passages de la Bible semblent nous inciter à consentir à cette «bousculade» comme si elle était nécessaire pour nous aider à suivre un chemin nouveau, une société nouvelle plus heureuse, plus harmonieuse, plus lumineuse !

Dans mon parcours ces 30 dernières années en animation auprès de gens de la rue, de jeunes en précarité, de familles du Quart-Monde, de personnes sans papier ou de familles Rom des pays de l’Est, je peux témoigner que ce chemin que nous pourrions nommer de «la participation de tous» n’est pas facile à suivre. Dès que j’ai eu des responsabilités, il a fallu accepter bien des fois de «lâcher prise» et d’accompagner des dynamiques dont je ne maîtrisais pas la plupart du temps la destinée sinon d’exclure moi-même les «râleurs» de Bartimée, les «agités» comme ces enfants, les poètes et incontrôlables personnes «qui lavent les pieds au cours des repas protocolaires».

De mon expérience et de ces lectures bibliques, une chose est sûre: la première des participations est bien celle de se mettre à l’écoute de ceux qui nous dérangent ou restent en bordures du chemin, comme résignés à ne pas faire partie du festin, si ce n’est éternellement en tant que tolérés. Une écoute pour comprendre, une écoute pour apprendre, un partage pour la Confiance, pour cheminer ensemble...

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