La pauvreté évangélique comme engagement chrétien

29/06/2017

Texte de Soeur Enda Baek, sœur de St Paul de Chartres, pour Servons la fraternité

Dans une société menacée par la culture de l’argent et par le phénomène d’appauvrissement accéléré dans lequel se trouve parfois la Corée du Sud, il me semble que le vrai sens de la pauvreté évangélique n’est plus perçu. Pour les chrétiens, la pauvreté ne signifie pas seulement misère à surmonter, il s'agit aussi de la mission salvifique de Jésus et de son Église : « annoncer la Bonne Nouvelle aux pauvres » (Luc 4, 18).

La pauvreté évangélique est un mode de vie que Jésus a choisi et vécu par solidarité envers l'humanité. Le pauvre est celui à qui Jésus a annoncé l’Évangile et à qui il s'est identifié. La pauvreté vécue par Jésus est « enrichissante » : il s'est fait pauvre pour nous enrichir par sa pauvreté (Cf. Ph 2, 6-8). Elle s'enracine dans l'Amour de Dieu trinitaire qui déborde vers autrui.

Pour les chrétiens, Jésus Christ lui-même est la manière de vivre. Jésus Christ lui-même est l’Évangile. Comme choix volontaire, la pauvreté évangélique est un comportement pour suivre le Christ : elle provient de la reconnaissance de l’Amour de Dieu et elle s’avance vers la charitable solidarité, à sa suite. La pauvreté évangélique exprime la confiance en Celui qui donne tout ce dont nous avons besoin et l’espérance du Royaume de Dieu où personne ne manque de rien. Elle est la liberté dont les croyants jouissent en Dieu ; elle est une manière par excellence d’annoncer la Bonne Nouvelle et elle pourrait résister à la mentalité du monde d’aujourd’hui tenté par le matérialisme.

Le style de vie « simple et humble » des religieux/ses se veut une manifestation de l’identité chrétienne, offrant à ceux et celles qui connaissent une vraie liberté par la foi de se conformer à Jésus Christ, Sagesse de Dieu. Ils trouvent le bonheur dans leurs réponses à l’appel de Dieu, comme Saint Paul, serviteur du Christ qui dit : « J’ai appris en toute situation à me suffire. Je sais vivre dans la gêne, je sais vivre dans l’abondance. J’ai appris, en toutes circonstances et de toutes les manières, à être rassasié comme à avoir faim, à vivre dans l’abondance comme dans le besoin. Je peux tout en celui qui me rend fort » (Ph 4, 11b-13).

Le portrait de Jésus se trouve dans les Béatitudes qu’il a proclamées (Cf. Mt 5, 3-11). Ce n’est pas un hasard que « heureux les pauvres de cœur, le Royaume des cieux est à eux ! » (Mt 5, 3) soit la première béatitude. La pauvreté doit toujours prendre chair dans la vie chrétienne à la manière évangélique, pour poursuivre la vie de Jésus Christ, amour débordant. Il est donc indispensable pour les chrétiens que la vocation de la pauvreté évangélique soit renouvelée en permanence. C’est là notre salut ici et maintenant.

© Soeur Enda Baek et Fondation Jean Rodhain

 

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