Oser la rencontre, au-delà du handicap

La Journée Internationale des personnes handicapées est célébrée le 3 décembre à travers le monde.  C’est une occasion pour nous de réfléchir à l’inclusion du handicap dans notre société.

 

Aujourd’hui, quelle famille n’est pas concernée par la présence d’une personne handicapée ?

Du handicap de naissance à celui qui survient suite à une maladie, un accident de la vie, au vieillissement d’un parent : quel qu’il soit, quel que soit son degré de visibilité, le handicap bouscule toute une vie et transforme toute la famille.

Le handicap n’est plus du domaine de la fatalité. Dans les médias, nous voyons que les personnes handicapées sont  capables d’accomplir de belles choses, que ce soit dans le domaine sportif, social, ou de l’emploi.  La route est cependant difficile pour qu’elles aient les mêmes droits que leurs concitoyens…

…En tant que chrétiens, nous sommes invités à nous préoccuper de la place que nous donnons dans l’Eglise aux personnes porteuses d’un handicap : comment les accueillons-nous ? Comment les aidons-nous à développer leur potentiel ? Porter un handicap n’enlève pas la valeur d’une personne. Pour rappel, accueillir les personnes qui sont aux périphéries de l’église et de la société a été un des cris qui a retenti cette année lors du synode…

…Comment aller plus loin et ne laisser personne au bord du chemin ? Notre rôle consiste à éveiller nos communautés chrétiennes à changer de regard sur les personnes handicapées et leurs familles. En paroisse, en famille, apprenons à mieux entendre les personnes handicapées et leurs proches, à accueillir les différences qui dérangent, à intégrer les richesses de chacun.

Je vous encourage vivement à prendre des initiatives pour aller sur les parvis, selon les mots du Pape, « rencontrer ceux que nous ne connaissons pas mais avec qui nous avons malgré tout beaucoup en commun ». Comme le Christ, faisons-nous proches de ceux qui souffrent, choisissons résolument l’option préférentielle pour les plus vulnérables ! Il nous suffit de faire des petits pas pour un meilleur accueil en Eglise, comme par exemple rendre visite à une famille qui vit le handicap d’un des siens dans la solitude. Nous pourrions oser la rencontre au-delà des handicaps et partager un temps de fête avec les familles qui, bien souvent, sont isolées et subissent le regard de la société.

Nous entendons – il est vrai, pas suffisamment -  de beaux témoignages de personnes touchées par ce qu’elles ont vu et échangé avec les familles rencontrées. C’est un visage souriant du handicap qui est dévoilé, alors qu’on évoque souvent plutôt sa face sombre. 

Nous pourrions aller plus loin dans l’accueil et l’intégration en faisant en sorte, par exemple, que les personnes porteuses d’un handicap soient plus impliquées dans l’animation de la liturgie.

Car il s’agit de faire Eglise, tous ensemble, sans mise à l’écart. La joie de l’Evangile est pour tous ! Le pape François nous le dit clairement : « Nous devons tous avoir la même chance de grandir, d’aimer le Seigneur, de comprendre la doctrine chrétienne, de recevoir les sacrements (…)  Chacun de nous a une manière différente de connaître les choses. Mais tout le monde peut connaître Dieu. Les paroisses doivent accueillir tout le monde. La discrimination est une très mauvaise chose ».

Porter le souci des personnes porteuses d’un handicap ne saurait se concentrer sur cette journée mondiale. C’est pourquoi je vous invite, à faire tous les jours l’expérience du « vivre ensemble », avec les différences de chacun.

Père Jean Maurice Labour

Vicaire Général

Diocèse de Port Saint Louis Ile Maurice

 

 

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